Etapes 50 & 51: Fjords comme des turcs!

Mercredi 3 août : enfin une grosse étape! Ce n’est pas qu’on n’était pas content de se reposer un peu et d’enchainer quelques journées à 70km seulement mais il est temps de faire  un peu travailler les cuisses.
90 km au programme pour aller de Mazé, village perdu au fin fond de la Norvège, à Alta, une ville, une vraie… ça faisait longtemps… Mais surtout nous allons retrouver ce qui nous motive depuis quelques jours, la maman et le beau père de Julien, Isabelle et Nicolas. Ils ont pris l’avion la veille de Paris puis, après une escale à Oslo ils sont censés arriver à Tromsø vers 10h. Tromsø est une ville assez grande qui se situe à un peu plus de 300km d’Alta. Ils doivent ainsi s’y rendre en voiture et nous fournir un bon coup de pouce moral et logistique pour ces 3 derniers jours.

En nous levant ce matin là nous n’étions pas sûrs du temps qui nous attendait. Ou du moins si, nous étions certains d’une chose : il allait pleuvoir et faire froid. Mais la pluie attendra un peu.Nous partons donc de Mazé avec les jambières pour résister au froid. La route sur les 20 premiers kilomètres est agréable mais proche de ce que nous avions la veille. C’est l’occasion pour nous de croiser notre premier renne norvégien. Il semblerait qu’ils soient plus timides que leurs homologues finlandais. Nous ferons une pause rapide pour enfiler quelques vêtements supplémentaires (manches longues, sur chaussures, gants…). Lorsque le temps frôle les 10 degrés il est bon de s’équiper.

C’est sous une bruine légère que nous découvrirons une route magnifique qui longe le fleuve s’échouant à Alta.De part et d’autre nous sommes surplombés par des collines qui foisonnent de feuillus, un régale pour des yeux qui sont saturés de forêts suédoises. Le changement donne des ailes!Et ce sont des changements de plus en plus grands qui nous attendent. Petit à petit nous aboutissons dans un imposant canyon. Au dessus de nous se dressent des falaises avoisinant les 200 ou 300m et les panneaux invitant à éviter les rochers pouvant chuter ne mettent pas en confiance. Ce type de falaise ne doit pas être purgé vu qu’il reste de la neige au sommet…

Oui oui, vous avez bien lu : de la neige.
Nous ne nous attendions vraiment pas à en croiser ici mais à 500m d’altitude, sur les faces nord, il reste des névés. Pas étonnant qu’on appelle ça le grand nord !

En outre le décor est de plus en plus beau. Nous retrouvons une ambiance alpine qui nous rappelle la maison mais également de la circulation, ce qui sent bon la civilisation.Et comme si les surprises ne suffisaient pas dans cette journée, nous entamons les derniers kilomètres qui nous mènent vers la baie d’Alta. Il est certain que ce n’est pas ici que les Fjords sont les plus impressionnants. Mais pour nous qui ne les avions vus qu’en photo nous restons bouche-bée face à ces immenses sommets plongeant directement dans l’océan arctique. Il y a ici de plus en plus de neige et nous avons l’impression de pédaler en hivernal.

Sur place, nous ne trainons pas pour rejoindre le camping. Le temps se dégage légèrement et entre de petites averses les rayons de soleil donnent chaud au moral.

Après une bonne lessive et une longue douche nous accueillons Isabelle et Nicolas. Notre plaisir de les retrouver est immense. Nous les félicitons d’avoir réussi à aller en 24h où nous avons mis 2 mois 😉

Le soir venu plus de questions à se poser, pour aller en ville, aucun problème, on prend la voiture. Ha que c’est agréable de se déplacer sans se fatiguer. Depuis déjà quelques temps nous regardons avec envie tous les automobilistes. Pour nous, même aller faire les courses était synonyme de fatigue. En rejetant une bonne dose de gaz d’échappements nous nous rendons donc dans le centre d’Alta. Nous songeons à une petite rue commerçante et quelques restaurants pour passer une soirée au calme. Mais Alta, bien qu’étant une ville au sens large du terme, n’est pas équipée comme nous le concevons chez nous. C’est une ville au dessus du cercle polaire. Une ville qui ne voit pas le soleil pendant plus de 60 jours, une ville où une température positive n’arrive qu’au printemps, une ville à plus de 4h de route de sa plus proche voisine… Le centre est donc un assemblage de centres commerciaux autour duquel se sont développées des zones industrielles et d’autres résidentielles.

Si vous prévoyez de passer des vacances dans le coin, n’espérez pas de trésors urbains !

Nous parviendrons tout de même à trouver un petit restaurant proposant quelques spécialités locales (du renne bien sûr) et les découvrirons après avoir trinqué à ces retrouvailles. Arnaud et moi pensons à l’amer patrie 🙂 que nous avons désormais hâte de retrouver… Mais avant cela nous avons les plus belles étapes du voyage à déguster, et nous ne manquons pas d’appétit.

Cliquez ici pour voir la carte.

Jeudi, nouvelle grande étape que nous allons vivre (oui je sais, on se répète mais en ce moment c’est tous les jours le cas). Les paysages sublimes vont nous accompagner pendant 100 km et cela justifie amplement tout le chemin parcouru jusqu’à présent.


Nous partons donc d’Alta avec un temps couvert et froid entre 6 et 9 degrés. Nous longeons une route sur le bord du Fjord pendant 5km. De l’autre côté nous apercevons une petite station de ski qui zèbre la montagne. La mer… ou plutôt l’océan, est d’un bleu vif que l’on pourrait qualifier d’arctique. Cela contraste avec le vert des montagnes qui plongent directement dans l’eau.Après une dizaine de kilomètres d’échauffement, nous entamons une belle montée pour rejoindre un plateau situé à plus ou moins 400 m d’altitude. Nous croisons deux cyclotouristes que nous doublerons assez vite tandis que les paysages changent à allure folle. En bas une végétation assez épaisse entoure les fjords, puis ce sont les boulots qui prennent l’ascendant jusqu’à arriver sur un plateau complètement dénudé. Le paysage est alors très alpin. La roche est omniprésente et rend l’endroit extrêmement sauvage. De temps à autre nous croisons des rennes qui se prennent pour des mouflons à escalader des pitons rocheux en prenant garde à ne pas glisser sur une plaque de neige.

Tout est grandiose, nous jubilons en voyant cette nature sauvage et nous nous sentons tout petit face aux éléments qui nous entourent. D’ailleurs les éléments, parlons en ! Au froid s’est ajouté un fort vent et de la pluie, nous vivons alors une sorte de cauchemar cycliste en luttant face aux rafales tout en essayant de se réchauffer un maximum.

Le coach désapprouvant totalement les conditions de course.

Bien heureusement la pluie n’est pas continue et quelques rayons de soleil viennent à l’occasion percer les nuages et nous réchauffent les extrémités engourdies.

Nous roulons alors à un rythme plus faible que dans la côte : complètement stoppés par le vent. Cela nous laisse le temps encore une fois d’admirer ce qui nous entoure et nous nous rendons compte de la chance de pouvoir traverser des paysages aussi magnifiques.

Après une soixantaine de kilomètres nous profitons de la voiture pour déjeuner au chaud et au sec. Merci encore à Isabelle et Nicolas! Sans cette petite aide nous aurions continué la route en mangeant des barres sucrées afin d’éviter de nous arrêter dans le froid.

La deuxième partie de la route est moins impressionnante, le relief diminue et les buissons réapparaissent. Nous entamons notre descente vers Russenes notre point de chute du soir.

Nous atteignons notre but et en profitons pour entrer dans notre première boutique souvenir dédiée au cap nord  où trois cars d’Allemand venaient d’arriver. La grande cohue, on est plus habitués à tant de monde après deux semaines passées en pleine nature !
Nous nous posons dans un second temps au camping où une douche bien chaude nous fera le plus grand bien.
Puis c’est avec grand plaisir que nous montons dans la voiture pour aller explorer les alentours. Nous découvrons alors un petit village très typique sur la côte avec des maisons multicolores complètement perdues et surtout une petite église ressemblant comme deux goutes d’eau à celle de Mazé vue deux jours plus tôt.

C’est au milieu de ce nulle part norvégien que nous commençons à nous demander en cœur : mais pourquoi ces gens habitent ils ici ?
Malgré la beauté des paysages nous ne parvenons pas à comprendre ce qui peut pousser autant de personnes à vivre ici et surtout ce qui leur permet de vivre… Ce n’est pas quelques bêtes, des champs où rien ne peut pousser les 3/4 de l’année et des rivières pour pêcher qui permettent de survivre ?… Il faut croire que si.
Quelques moutons se baladent autour du village et nous marchons quelques instants en direction d’une plage de galets. Le vent et le froid nous vaccinent définitivement contre la baignade. Nous sommes pourtant face à un très beau spot de planche à voile. Ça donnerait presque envie !

Nous admirons alors le courage d’un homme prenant la mer sur une petite barque à moteur… L’océan ne semble pas vouloir accepter d’homo sapiens dans ses environs.

Retour au bungalow du camping où nous prendrons l’apéritif bien au chaud avant une nouvelle journée de vélo dans des conditions encore plus extrêmes.
Nous vous laissons admirer les alentours de Olderfjord où nous avons passé la nuit.

Un grand merci à Isabelle pour ces clichés qui agrémentent parfaitement notre site.

Je pense qu’au plus tard demain nous aurons posté les 2 derniers jours de notre voyage… Ne les ratez pas, ce sont les meilleurs 😉

Suivez ce lien pour voir notre route.

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2 commentaires pour Etapes 50 & 51: Fjords comme des turcs!

  1. Anne Marie dit :

    C’est avec impatience que j’attendais votre dernier courrier.., vous avez du atteindre le CAP… (nous avons nos « indics », mais pas de news officlelles ce soir encore)…
    Ils l’ont fait, ils nous ont régalés d’images et de textes, ils se sont dépassés et ont gagné un beau pari sur le courage, la volonté et l’amitié, ils ne sont pas prêts d’oubier ces 2 mois d’efforts partagés, ni tout ce qui les a unis dans ce rève devenu leur réalité. Bel et bien ils sont « cap », nous n’en n’avions jamais douté !!!
    Nous vous souhaitons aussi un grand courage pour le retour et surtout pour « l’aterrissage » (au propre mais surtout au figuré!!) à Paris demain, nous penserons fort à vous, et …au fait…le champagne est au frais !!!!

  2. Georges et Madeleine dit :

    Un immense merci à vous tous: – au photographe, Isabelle pour ces splendides clichés, si vivants et expressifs,- aux auteurs des commentaires toujours aussi bien écrits et qui, seuls, suffiraient pour voir ces paysages aussi grandioses, – au coach, dont le portrait très éloquent en dit long sur les conditions de course de ses deux  » élèves », – à vous, les « petits » qui, dos voutés sous les bourrasques, traçaient obstinément votre route : vous êtes des » grands « …Un gros BRAVO .

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