Bouclons la boucle et retrouvons l’Hexagone

Vous n’espériez pas vous débarrasser de nous comme ça ?

Hé oui on compte encore se manifester quelques temps pour vous parler de l’après Cap Nord, de notre acclimatation à la vie citadine ou des retombées diverses et variées… Mais pour l’instant voici quelques mots au sujet de notre dernier jour en Norvège et du retour en France.

Tout d’abord nous vous invitons à regarder la vidéo ci dessous. C’est celle que nous avons pu voir au cinéma du musée du Cap Nord. Elle nous a permis de voir les paysages que le brouillard nous cachait.
Ne la zappez, elle est superbe !

Le Cap Nord from Julien Potocki on Vimeo.

Samedi 6 au soir, nous avons donc sabré le champagne en l’honneur de notre succès. Nous étions à 3h de voiture de Tromso, ville où nous devions prendre l’avion le surlendemain à 11h50.Dimanche Nicolas est parti le premier en empruntant le vélo de Julien. Il espérait pouvoir, en arrivant en Norvège, louer un clou et nous suivre pendant les derniers kilomètres étant lui même un cycle addict. Il n’en trouva pas dans les villes que nous avons croisé. Il avait donc bien envie de donner quelques coups de pédales avant de rentrer.
On ne tarda pas à lui faire remarquer son côté petit joueur en refusant de prendre une remorque chargée derrière lui 😉
Toutefois vu la température encore très fraiche et quelques rares averses il fallait être motivé pour sortir dehors. Il roula 80km en faisant chauffer la bestiole. En arrivant au point de rendez vous il avait une moyenne de 32km/h pour un parcours loin d’être plat, ça tourne fort ces quadragénaires !

Il avoua qu’on avait bien du courage d’avoir tenu 3 jours sous une météo capricieuse. Même lui, alors que le temps était légèrement meilleur a eu froid.

Vers midi nous étions tous les 4 dans la voiture. La 2ème partie de la route alternait avec des ferrys traversant les fjords. Ces derniers formant des baies très profondes il est beaucoup plus court de couper en début de baie que tout au fond. Ceci nous permis d’admirer sereinement la vue. Plus nous descendions vers le sud plus les montagnes devenaient accidentées. Malheureusement le ciel conserva un voile nuageux d’altitude empêchant de voir entièrement les sommets.

Nous avons fini notre journée en nous promenant dans les rues de Tromso. La ville offre de très belles couleurs sous cette lumière pâle typique de ces latitudes. Elle est sur une île reliée par 2 ponts et est dominée par quelques bas sommets. Même en cette saison nous apercevons de la neige qui plonge dans la mer sur les faces nord et devient plus abondante en altitude avec des glaciers de taille impressionnante.

Nous nous sommes une nouvelle fois demandés comment les locaux faisaient pour vivre ici (Tromso a le taux de suicide le plus élevé de la Norvège, réjouissant). Avec toujours 10 degrés et un vent régulier, ils se promènent en t-shirt alors que nous n’osons pas poser la veste… De vrais vikings… En bons français nous quitterons ce pays magnifique en ne rêvant que de chaleur et de plage.

Lundi, en commençant par un détour chez un marchand de cycle pour récupérer des cartons d’emballages pour les vélos, nous nous sommes rendus à l’aéroport.
L’avion nous a emmené à Stockholm puis Paris où nous sommes arrivés vers 18h40.

Quelle joie de retrouver la France !
Nous insistons sur ce sentiment car il était dominant mais nous pensons aussi beaucoup de ce que l’on quitte… La Suède que nous avons traversé en 3 semaines, nous la quittons en 1h d’avion, nous repensons à Liège, Hamburg, la pluie danoise, Göteborg, les forêts suédoises, les stations de ski finlandaises, le brouillard au cap…

Arnaud fut peut être le plus content d’arriver. Le petit ayant une phobie de l’avion il sua plus pendant le retour que pendant les 2 mois de voyage !

Et voilà, 20h nous sommes dans les rues de Paris, la boucle est bouclée… Nous ne nous rendons pas vraiment compte de ce qui a été fait en 2 mois mais en s’installant dans le métro nous commençons à ressentir un petit vide.
Heureusement tous les copains nous attendent dans un bar où nous fêtons les retrouvailles. Une petite soirée très calme car malgré tout, nous sommes bien fatigués. Il faudra quelques temps pour se remettre physiquement je suppose.

Nous voudrions adresser un message tout particulier à tous les jeunes de Romagnat. Nous avons essayé de poster le plus souvent possible des articles pour proposer un bon suivi de la progression mais surtout nous avons tenté de transmettre tout ce que nous avons vu et ressenti, tous les aspects du périple. Ce n’est pas une mince affaire et j’espère que ce fut pour vous intéressant.
Nous avons été confronté à de nombreuses difficultés, avons essayé de faire face et avons beaucoup appris de tout cela. Nous savions que vous en connaissez aussi au quotidien à un niveau bien différent; votre suivi assidu et votre soutien nous a d’autant plus touché et aidé à aller de l’avant. Nous vous en remercions.
Nous remercions aussi l’équipe soignante qui a permis de faire vivre cette relation. Nous avions donné la possibilité d’utiliser le site sans pouvoir agir une fois partis. Vos efforts ont permis à ce dernier d’être utile. Nous en sommes heureux et reconnaissant.

Désormais les barbes sont coupées et nous devons organiser notre dernière année d’école de commerce. On devrait toutefois avoir le temps de faire publier un book réunissant les articles. Nous avons à coeur de multiplier les supports pour garder auprès de nous le récit de ce voyage.

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Publié dans L'après Cap | 5 commentaires

Etapes 52 & 53: Cap ou … Cap!

Si on m’avait dit il y a quelques années qu’un jour je ferai le résumé d’une journée de vélo de 91km entre Russenes et Honningsvåg, j’aurai vraiment eu du mal à le croire… et ajouter que celle-ci serait une des dernières d’un périple de 2 mois, m’aurait sûrement beaucoup fait rire !Et pourtant nous l’avons fait sans coup férir 😉

Ce vendredi 5 août à 8h était, comme la veille, extrêmement humide. Avec environ 7 degrés dehors, dès que nous avons mis le nez à l’extérieur l’envie de pédaler est immédiatement partie.
Pourtant vers 10h nous avons quitté cette petite ville que seuls une station service et un camping avec boutique souvenir animaient en direction du Nord. La route que nous allions prendre longe presque tout le temps la côte est de la presque île sur laquelle nous nous situons. En bout de course elle aboutit sur un tunnel qui passe sur l’île du Cap Nord : Magerøya. Honningsvåg est la seule « ville » sur l’île et elle est à 30km du Cap (environ 2500 habitants). Nous avons décidé d’y passer notre dernière nuit, pour garder le meilleur pour une ultime étape.

Nous sommes donc sur les premiers kilomètres de cette fameuse route côtière. Le temps est loin du beau fixe mais aucune goutte ne se manifeste et les quelques rayons de soleil qui apparaissent produisent de belles trainées de lumière à notre droite sur l’eau turquoise de l’océan arctique.

A notre gauche nous sommes cernés par de grandes falaises laissant parfois la place, au fond des baies, à des étendues au relief plus doux et au décor verdoyant. Nous croisons de plus en plus de troupeaux de rennes. De la même manière que leurs copains finlandais, ils gèrent bien les voitures mais détalent dès qu’ils voient un vélo.

Comme hier, même si la météo se déchaine nous ressentons notre chance de pouvoir pédaler au milieu de ce paysage de rêve. Nous traversons alors notre premier tunnel. Ici il faut souvent en emprunter car passer un massif se révèlerait très long. 4km à jouer les spéléologues et nous retrouvons la lumière du jour, sain et sauf, les camions et les bus, qui roulent encore plus vite que les voitures, nous ont épargné !

Quelques instants plus tard, les éléments ont commencé à vouloir associer à tout cela une ambiance de grand nord. Un vent venant de l’ouest entre 20 et 30km/h nous accompagnera jusqu’au bout. Par moment donc il nous pousse et nous permet d’accélérer, mais, de face, nous fait perdre 10km/h. Le pire étant de profil. Nous sommes obligés de tirer des bords à la façon d’un voilier au milieu de l’océan. Ceci s’est d’ailleurs révélé souvent dangereux, et les rafales qui auraient pu nous mettre par terre n’ont pas manqué à l’appel… Un temps parfait pour pédaler !…


Mais j’avais presque oublié : la pluie aussi nous a souhaité la bienvenue. L’accumulation avec le froid et le vent donnait réellement l’impression de revivre une journée de ski bien fraiche et humide. Pour résumer : une journée de galère ! Je ne sais même pas pourquoi on en garde un bon souvenir 🙂


Après un nouveau déjeuner dans la voiture et 70km depuis le départ, nous avons atteint le tunnel menant à Magerøya. Ce dernier fait 6,5km et n’est vraiment pas large. Il descend à 212m en dessous du niveau de la mer et remonte avec des inclinaisons entre 8 et 12% continues jusqu’à la sortie. Un passage qui vaut bien un bout de Mont Ventoux. Sachant cela avant d’arriver nous avons profité de la voiture pour le passer en toute sécurité. A sa sortie ce sont 20km qui nous séparaient encore du camping. Exactement ce qui était nécessaire pour drainer nos dernière forces.


En insistant longuement sous une douche bien chaude nous parviendrons à nous réchauffer. Il est alors l’heure de prendre la voiture pour voir de plus prêt Honningsvåg et ses environs. Cette petite ville représente, au premier abord, tout ce que nous imaginons trouver au fin fond de la Russie : de petites maisons sobres, des baraquements de bétons, des usines à l’entrée accompagnées de cuves de pétroles… Je vous fais rêver ?
Ne vous inquiétez pas, il y a également de très belles choses dans le cœur de ce village.En effet en poussant un peu plus loin nous tomberons sur une rue commerçante et découvrirons des bâtisses beaucoup plus colorées. Les gens se promènent dans les rues et même si tout est minuscule, on sent qu’il y a de la vie sur l’île du Cap.
La route qui sort d’Honningsvåg mène à un cul de sac et surtout au bourg de Nordvågen : une perle ! Celui-ci est au fond d’une baie entourée de massifs aux pentes extrêmement raides. En cette saison le fond vert fait ressortir les maisons étincelantes. Les rennes y ont établi refuge et se promènent tranquillement dans les rues.


Les habitants vivent surtout des produits de la mer mais ils ont agrémenté leur quotidien en installant une remontée mécanique. Si vous venez ici en hiver vous pourrez skier sur la station la plus au nord de notre continent (peut être même du monde ?).

Notre dernière soirée avant le cap sera accompagnée d’un bel apéritif au houblon et de pâtes carbonara. On ne va pas changer le régime qui nous a menés aussi loin, ce ne serait pas sérieux 😉

La route c’est par .

Ca y est le jour J est arrivé. Nous sommes le 6 août 2011 et cela fait exactement 62 jours que nous avons quitté Marseille et ses calanques.

La nuit a été fraiche dans ce camping du cap mais nous étions heureusement bien emmitouflés dans un bungalow spacieux. Premier réveil, 4 h du matin. C’est toujours sympa d’aller aux toilettes en regardant un troupeau de rennes se balader au milieu du camping. De plus le ciel est presque dégagé et le vent est faible, bon signe pour rejoindre le cap en toute sérénité. Mais il ne faut pas être si pressé, retour au lit pour quelques heures de sommeil avant le grand final.

8 h, il est temps de se préparer; nous prenons un petit déjeuner de champion. Le temps est beaucoup moins évocateur que quelques heures plus tôt. Ce n’est pas grave, avec une motivation à toute épreuve nous nous habillons comme des alpinistes prêts à dompter le K2. (Non je n’exagère pas. Il faut bien rajouter un petit côté sudiste à l’article 😉 ).
26 kilomètres nous séparent du globe et ceux-là ne sont pas cadeaux. Nous entamons notre route par une côte de 8-9% de moyenne parfaite pour se réchauffer quand il fait 5 degrés dehors.

Le vent et la pluie commencent alors à nous fouetter le visage à la manière d’un bon blizzard. On ne peut pas dire que cela ne nous met pas dans une ambiance polaire. Les kilomètres s’enchainent difficilement et nous nous arrachons pour garder une allure convenable sur cette route très accidentée.

Nicolas et Isabelle nous soutiennent depuis la voiture et nous pensons à vous tous, amis lecteurs, pour clôturer ce périple vaillamment. Sur la route, un camping-car nous filme en plein effort tandis qu’une moto nous double en nous applaudissant. Ça fait un plaisir fou, permet de laisser le vent et la pluie de côté et on commence à se rendre compte du chemin parcouru.

Le paysage est celui d’un bout du monde comme on se l’imagine. La roche grise sous le brouillard est à peine contrastée par le vert des herbes rases. Magerøya semble vraiment hostile à la vie. Cela donne pourtant un charme particulier à l’endroit qui le rend effrayant et grandiose.

Soudain au sommet d’une colline, nous devinons une boule, le cap est bien là. Mais à la manière du Ventoux, il se mérite et les côtes n’en finissent plus. Plus que 20km… Puis 15… 10…

Dopés par l’euphorie (et par tous les produits que nous prenons depuis 2 mois) nous parvenons au panneau indiquant 500m jusqu’au « Nordkapp ».

On l’a fait!
4800km, 8 pays traversés, 53 jours sur le vélo, 65 litres de bière, 20 jours de pluie, zéro coup de soleil, 2 océans reliés, 15 crevaisons, 2 roues à la décharge, 30kgs de viande, 1 223 456 sapins…

Nicolas et Isabelle déploient alors une magnifique banderole pour nous féliciter.

Nous remercions d’ailleurs chaleureusement le père de Nicolas pour son travail!

Nous arrivons épuisés mais heureux! Extrêmement heureux…

Cette dernière étape nous a plié avec ses 750 m de dénivelé positif. Nous avons mis une heure et demie pour parcourir 26 kms, notre moyenne la plus faible du voyage 🙂
Il fallait bien faire durer le plaisir. Nous entrons le sourire aux lèvres dans l’enceinte du musée en direction du fameux globe pour y poser en vainqueurs. La vue est bouchée par les nuages et le froid saisissant mais cela ne nous empêche pas d’exprimer notre satisfaction.

C’est amusant comme on a du mal à réaliser ce qu’on a parcouru et à se rendre compte que cette dernière bosse représente la fin du voyage. Depuis quelques temps beaucoup de gens nous demandent ce que ça fait d’avoir depuis Marseille rejoint Hamburg, Göteborg ou même l’océan arctique… Pour nous ceci se faisait avec une joie certaine mais avec toujours la conscience que rien n’est fait, que nous sommes encore loin d’avoir accompli notre challenge. Trop se projeter dans l’avenir fait miroiter un périple beaucoup trop long, trop regarder derrière soit ne permet pas de profiter de ce que l’on voit. Il faut savoir vivre ce type d’expédition au jour le jour. S’imprégner de chaque endroit sereinement et laisser à chaque jour sa peine et son lot de plaisirs. Alors, à ce point là nous commencions à voir que chaque moment de difficulté depuis 2 mois a été surmonté pour cet instant…

Beaucoup de touristes nous regardent d’un air ahuri, certains nous félicitent, d’autres nous prennent en photo… Qu’est ce que font deux jeunes français en cycliste au Cap Nord ?
Lorsque nous sortons notre banderole, nous n’entendons que des félicitations… Ca réchauffe 😉

Nous retournons tout de même bien vite au chaud pour prendre un bon café. Puis direction le musée où l’on nous présente l’histoire du cap nord. Nous visionnons un magnifique film sur l’endroit qui nous permettra d’admirer la beauté du lieu. Avec le temps que nous avions il était seulement possible de l’imaginer.

Vers 14h nous nous engageons sur le chemin du retour bien au chaud dans la voiture. Nous regardons les paysages défiler à une allure folle.

On repense alors à notre périple qui demeurera une expérience extraordinaire. Périple qui s’est fait à la force des cuisses et du mental mais également grâce à vous tous qui nous avez soutenu au cours de ces deux mois. Un grand MERCI!

Dans la soirée nous dormirons entre Alta et Tromsø avec une vue magique sur un fjord. C’est ici que nous sabrerons la bouteille de champagne de la réussite.

Nous réalisons doucement ce que nous avons fait pendant 2 mois, difficile pour nous d’avoir du recul, nous attendrons quelques jours et le retour à la vie normale.

Les mollets rangés au placard pour un petit bout de temps nous nous endormons en pensant déjà à de prochaines aventures. Pas tout de suite quand même 🙂

Dernière fois que vous cliquerez ici vous aussi 🙂

A l’heure où vous lirez ces quelques lignes nous seront sûrement en France… avec les amis…. la famille… et bientôt dans un bon lit, dans une chambre hors d’air et hors d’eau: belle perspective !

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Etapes 50 & 51: Fjords comme des turcs!

Mercredi 3 août : enfin une grosse étape! Ce n’est pas qu’on n’était pas content de se reposer un peu et d’enchainer quelques journées à 70km seulement mais il est temps de faire  un peu travailler les cuisses.
90 km au programme pour aller de Mazé, village perdu au fin fond de la Norvège, à Alta, une ville, une vraie… ça faisait longtemps… Mais surtout nous allons retrouver ce qui nous motive depuis quelques jours, la maman et le beau père de Julien, Isabelle et Nicolas. Ils ont pris l’avion la veille de Paris puis, après une escale à Oslo ils sont censés arriver à Tromsø vers 10h. Tromsø est une ville assez grande qui se situe à un peu plus de 300km d’Alta. Ils doivent ainsi s’y rendre en voiture et nous fournir un bon coup de pouce moral et logistique pour ces 3 derniers jours.

En nous levant ce matin là nous n’étions pas sûrs du temps qui nous attendait. Ou du moins si, nous étions certains d’une chose : il allait pleuvoir et faire froid. Mais la pluie attendra un peu.Nous partons donc de Mazé avec les jambières pour résister au froid. La route sur les 20 premiers kilomètres est agréable mais proche de ce que nous avions la veille. C’est l’occasion pour nous de croiser notre premier renne norvégien. Il semblerait qu’ils soient plus timides que leurs homologues finlandais. Nous ferons une pause rapide pour enfiler quelques vêtements supplémentaires (manches longues, sur chaussures, gants…). Lorsque le temps frôle les 10 degrés il est bon de s’équiper.

C’est sous une bruine légère que nous découvrirons une route magnifique qui longe le fleuve s’échouant à Alta.De part et d’autre nous sommes surplombés par des collines qui foisonnent de feuillus, un régale pour des yeux qui sont saturés de forêts suédoises. Le changement donne des ailes!Et ce sont des changements de plus en plus grands qui nous attendent. Petit à petit nous aboutissons dans un imposant canyon. Au dessus de nous se dressent des falaises avoisinant les 200 ou 300m et les panneaux invitant à éviter les rochers pouvant chuter ne mettent pas en confiance. Ce type de falaise ne doit pas être purgé vu qu’il reste de la neige au sommet…

Oui oui, vous avez bien lu : de la neige.
Nous ne nous attendions vraiment pas à en croiser ici mais à 500m d’altitude, sur les faces nord, il reste des névés. Pas étonnant qu’on appelle ça le grand nord !

En outre le décor est de plus en plus beau. Nous retrouvons une ambiance alpine qui nous rappelle la maison mais également de la circulation, ce qui sent bon la civilisation.Et comme si les surprises ne suffisaient pas dans cette journée, nous entamons les derniers kilomètres qui nous mènent vers la baie d’Alta. Il est certain que ce n’est pas ici que les Fjords sont les plus impressionnants. Mais pour nous qui ne les avions vus qu’en photo nous restons bouche-bée face à ces immenses sommets plongeant directement dans l’océan arctique. Il y a ici de plus en plus de neige et nous avons l’impression de pédaler en hivernal.

Sur place, nous ne trainons pas pour rejoindre le camping. Le temps se dégage légèrement et entre de petites averses les rayons de soleil donnent chaud au moral.

Après une bonne lessive et une longue douche nous accueillons Isabelle et Nicolas. Notre plaisir de les retrouver est immense. Nous les félicitons d’avoir réussi à aller en 24h où nous avons mis 2 mois 😉

Le soir venu plus de questions à se poser, pour aller en ville, aucun problème, on prend la voiture. Ha que c’est agréable de se déplacer sans se fatiguer. Depuis déjà quelques temps nous regardons avec envie tous les automobilistes. Pour nous, même aller faire les courses était synonyme de fatigue. En rejetant une bonne dose de gaz d’échappements nous nous rendons donc dans le centre d’Alta. Nous songeons à une petite rue commerçante et quelques restaurants pour passer une soirée au calme. Mais Alta, bien qu’étant une ville au sens large du terme, n’est pas équipée comme nous le concevons chez nous. C’est une ville au dessus du cercle polaire. Une ville qui ne voit pas le soleil pendant plus de 60 jours, une ville où une température positive n’arrive qu’au printemps, une ville à plus de 4h de route de sa plus proche voisine… Le centre est donc un assemblage de centres commerciaux autour duquel se sont développées des zones industrielles et d’autres résidentielles.

Si vous prévoyez de passer des vacances dans le coin, n’espérez pas de trésors urbains !

Nous parviendrons tout de même à trouver un petit restaurant proposant quelques spécialités locales (du renne bien sûr) et les découvrirons après avoir trinqué à ces retrouvailles. Arnaud et moi pensons à l’amer patrie 🙂 que nous avons désormais hâte de retrouver… Mais avant cela nous avons les plus belles étapes du voyage à déguster, et nous ne manquons pas d’appétit.

Cliquez ici pour voir la carte.

Jeudi, nouvelle grande étape que nous allons vivre (oui je sais, on se répète mais en ce moment c’est tous les jours le cas). Les paysages sublimes vont nous accompagner pendant 100 km et cela justifie amplement tout le chemin parcouru jusqu’à présent.


Nous partons donc d’Alta avec un temps couvert et froid entre 6 et 9 degrés. Nous longeons une route sur le bord du Fjord pendant 5km. De l’autre côté nous apercevons une petite station de ski qui zèbre la montagne. La mer… ou plutôt l’océan, est d’un bleu vif que l’on pourrait qualifier d’arctique. Cela contraste avec le vert des montagnes qui plongent directement dans l’eau.Après une dizaine de kilomètres d’échauffement, nous entamons une belle montée pour rejoindre un plateau situé à plus ou moins 400 m d’altitude. Nous croisons deux cyclotouristes que nous doublerons assez vite tandis que les paysages changent à allure folle. En bas une végétation assez épaisse entoure les fjords, puis ce sont les boulots qui prennent l’ascendant jusqu’à arriver sur un plateau complètement dénudé. Le paysage est alors très alpin. La roche est omniprésente et rend l’endroit extrêmement sauvage. De temps à autre nous croisons des rennes qui se prennent pour des mouflons à escalader des pitons rocheux en prenant garde à ne pas glisser sur une plaque de neige.

Tout est grandiose, nous jubilons en voyant cette nature sauvage et nous nous sentons tout petit face aux éléments qui nous entourent. D’ailleurs les éléments, parlons en ! Au froid s’est ajouté un fort vent et de la pluie, nous vivons alors une sorte de cauchemar cycliste en luttant face aux rafales tout en essayant de se réchauffer un maximum.

Le coach désapprouvant totalement les conditions de course.

Bien heureusement la pluie n’est pas continue et quelques rayons de soleil viennent à l’occasion percer les nuages et nous réchauffent les extrémités engourdies.

Nous roulons alors à un rythme plus faible que dans la côte : complètement stoppés par le vent. Cela nous laisse le temps encore une fois d’admirer ce qui nous entoure et nous nous rendons compte de la chance de pouvoir traverser des paysages aussi magnifiques.

Après une soixantaine de kilomètres nous profitons de la voiture pour déjeuner au chaud et au sec. Merci encore à Isabelle et Nicolas! Sans cette petite aide nous aurions continué la route en mangeant des barres sucrées afin d’éviter de nous arrêter dans le froid.

La deuxième partie de la route est moins impressionnante, le relief diminue et les buissons réapparaissent. Nous entamons notre descente vers Russenes notre point de chute du soir.

Nous atteignons notre but et en profitons pour entrer dans notre première boutique souvenir dédiée au cap nord  où trois cars d’Allemand venaient d’arriver. La grande cohue, on est plus habitués à tant de monde après deux semaines passées en pleine nature !
Nous nous posons dans un second temps au camping où une douche bien chaude nous fera le plus grand bien.
Puis c’est avec grand plaisir que nous montons dans la voiture pour aller explorer les alentours. Nous découvrons alors un petit village très typique sur la côte avec des maisons multicolores complètement perdues et surtout une petite église ressemblant comme deux goutes d’eau à celle de Mazé vue deux jours plus tôt.

C’est au milieu de ce nulle part norvégien que nous commençons à nous demander en cœur : mais pourquoi ces gens habitent ils ici ?
Malgré la beauté des paysages nous ne parvenons pas à comprendre ce qui peut pousser autant de personnes à vivre ici et surtout ce qui leur permet de vivre… Ce n’est pas quelques bêtes, des champs où rien ne peut pousser les 3/4 de l’année et des rivières pour pêcher qui permettent de survivre ?… Il faut croire que si.
Quelques moutons se baladent autour du village et nous marchons quelques instants en direction d’une plage de galets. Le vent et le froid nous vaccinent définitivement contre la baignade. Nous sommes pourtant face à un très beau spot de planche à voile. Ça donnerait presque envie !

Nous admirons alors le courage d’un homme prenant la mer sur une petite barque à moteur… L’océan ne semble pas vouloir accepter d’homo sapiens dans ses environs.

Retour au bungalow du camping où nous prendrons l’apéritif bien au chaud avant une nouvelle journée de vélo dans des conditions encore plus extrêmes.
Nous vous laissons admirer les alentours de Olderfjord où nous avons passé la nuit.

Un grand merci à Isabelle pour ces clichés qui agrémentent parfaitement notre site.

Je pense qu’au plus tard demain nous aurons posté les 2 derniers jours de notre voyage… Ne les ratez pas, ce sont les meilleurs 😉

Suivez ce lien pour voir notre route.

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Arrivés sur l’île du Cap!

Aujourd’hui nous sommes arrivés sur l’île où se trouve le Cap Nord et ce sous un temps abominable… Heureusement les paysages sont à couper le souffle !

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Ce soir nous vous donnerons plus de détails 🙂

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Etapes 48 & 49: Wheel vs Wild!

Cette fois, c’est la bonne !
Nous partons de Enontekiö lundi 1er et sommes prêts à laisser derrière nous la Finlande pour attaquer le dernier pays de notre périple. Extra !
Jusqu’à la frontière la route se passe sans embuche. Le parcours est relativement roulant et le paysage change doucement. Nous profitons des forêts finlandaises: toujours magnifiques, elles sont très colorées entre les sapins biens verts, le sol sablonneux et la mousse bleue verte qui se propage à de nombreux endroits.
Nous prendrons le temps d’immortaliser les marais qui sont très nombreux en Finlande. Ici presqu’aucun bord de route n’est fait de terre bien ferme…


Au détour d’un virage au kilomètre 37, la voilà, elle se dresse devant nous: la frontière !
C’est ici que prend fin l’espace Schengen. La Norvège n’en fait pas partie et il y a donc un poste frontière nous invitant à déclarer ce que nous pourrions transporter de particulier. Une énorme paire de cuisses ça passe ?Nous devrons également adopter la couronne norvégienne au détriment de l’Euro que nous étions heureux d’utiliser en Finlande.Le temps de digérer ce nouveau palier du voyage et nous reprenons le rythme.

Le relief s’est adouci. Nous avons abandonné les collines de Laponie et sommes désormais au milieu d’une immense plaine vêtue d’une végétation basse, une sorte de maquis. Au loin (très loin même) nous apercevons des montagnes qui semblent bien 500m plus haut que notre position. De temps en temps nous nous arrêtons pour prendre quelques photos, le calme est intense, presque troublant. Nous croiserons bien quelques voitures mais à part cela la nature se présente devant nous, immobile ! Les lacs sont encore nombreux et cassent par endroits les étendues.

Vers midi nous nous arrêterons pour manger. Le soleil est toujours présent et il est plus que nécessaire. En effet nous sentons bien que le Cap approche. La température peine à dépasser les 20 degrés, ici ce n’est pas la canicule tous les jours !

Arnaud regarde avec crainte le menu du jour. Nous voulions testé la charcuterie à base de renne… Pas très convaincant !

La route ne changera pas énormément jusqu’à Kautokeino, notre point de chute. Excepté en arrivant sur place. La ville est placée dans une sorte de petit canyon verdoyant. Elle est très petite mais nous trouverons tout de même un office du tourisme avec un ordinateur pour poster un article et un camping pour passer la nuit.L’endroit ne restera pas dans nos mémoires comme le plus agréable. Il se dégage de la ville une impression surréaliste. On comprend mal ce que font ces gens qui habitent aussi loin de tout: notre caractère citadin reprend légèrement le dessus.
Est ce le fait d’avoir passé 2 mois à dormir sur un petit matelas avec 1m30 pour deux, au plus prêt de la nature ?
Ou est ce les moustiques qui empêchent totalement de s’installer tranquillement dehors et qui rendent ce grand nord parfois hostile ?Mais les gens restent souvent accueillants et agréables. Ils ont le contact facile et sont intrigués par notre situation. On croisera d’ailleurs 3 cyclistes ce jour là. Ils étaient plus rares cette semaine, au milieu de ces contrées isolées, mais nous avons tout d’abord discuté avec un couple de finlandais qui prenaient 2 semaines pour découvrir (ou redécouvrir) le nord de leur pays et la Norvège. Étonnement ils avaient également des vélos de route mais voyageaient léger avec seulement 5kg… Ils peuvent se le permettre logeant à l’hôtel 😉
Nous avons également échangé quelques idées avec un cycliste suisse. Lui était parti de chez lui et avait relié le Cap par la Norvège. Il s’apprêtait ensuite à redescendre parmi les helvètes par la Finlande puis la Pologne. Nous l’avons regardé silencieux: 4 mois sur un vélo, c’est sacrément long !

Pour voir notre route, n’hésitez pas, cliquez ici.

Kautokeino, le 2 aout 2011, nous nous levons avec un beau ciel bleu pour rejoindre Mazé 60 kms plus au nord.Nous prenons la route dans un décors grandiose. La plaine gigantesque de la veille continue tandis que la végétation perd du terrain lorsque nous montons au nord. Le terrain devient au cours des kilomètres de plus en plus accidenté même si cela reste relativement raisonnable. Nous apercevons quelques maisons sur le bord de la route mais c’est le mot sauvage qui nous vient en tête.

Chez nous, seuls les stations essence sont au moins aussi éloignées les unes des autres…

Après une trentaine de kilomètres on aperçoit de gros nuages noirs s’agglomérer vers le nord. Mauvais signe!Nous continuons tout de même à rouler en essayant de prévoir la direction prise par le nuage. Nous nous arrêtons devant une grosse masse noire pluvieuse. Vu le vent dominant il doit aller vers l’Est. Nous sommes au sud. On doit pouvoir l’éviter!Et heureusement en attendant un bon quart d’heure nous y parvenons. La chance nous sourit !
Une dizaine de kilomètres plus loin nous arrivons à Mazé qui est situé dans une vallée.Le relief s’accentue au loin. Nous entrons dans le petit village extrêmement isolé et roulons jusque dans le centre constitué d’une station service, d’une épicerie et d’une église. L’église est très simple en bois mais représente tout de même le cœur de ce petit village. Après avoir fait nos courses, nous allons au camping qui se révélera être d’un inconfort certain. Au menu: nuées de moustiques et de moucherons suceurs de sang, diner aux chandelles dans les douches et tente sur les cailloux.
Malgré la motivation qui nous reste après une journée de vélo nous ne pouvons pas aller découvrir les alentours. Tout est si grand et le maquis si épais qu’un tour à pieds est exclu… Nous opterons pour la lecture jusqu’en milieu d’après midi.Nous retournons en ville chercher l’apéritif nécessaire pour remonter le moral, mais ici l’épicerie est fermée de 16h à 19h. Après une heure un quart d’attente à voir passer 2 voitures et 3 quads et à profiter des derniers rayons de soleil nous trouvons de quoi égayer notre soirée! Heureusement qu’Alta approche!

Vous connaissez le principe, pour la route, c’est ici.

Cet article a été écrit depuis Alta que nous avons rallié directement depuis Mazé. Plus que 240km avant le Cap que nous pensons faire en 3 jours. Le seul problème est que la météo annonce de la pluie, un bon vent de nord et une température inférieure à 10 degrés pour les 4 prochains jours… Affaire à suivre !

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Etapes 46 & 47: Réserve Naturenne!

Voilà, nous sommes au cœur de la Finlande, nous avons traversé 6 pays, sommes dans le 7ème et dans 2 jours nous serons en Norvège… Tout ça commence à sentir bon le Cap Nord ! Nous sommes donc samedi 30 juillet. Nous avons encore 340km à parcourir avant de retrouver la mère et le beau père de Julien à Alta pour les 3 dernières étapes. Jusqu’à Alta, pas de stresse: les étapes sont courtes, pas plus de 80km en général mais peut être légèrement vallonnées. Avec la sensation d’atteindre bientôt notre but et le dépaysement depuis quelques jours, notre motivation reste bien présente. Tout devrait rouler comme il faut!

Revenons donc à ce fameux samedi matin. La météo annonçait du beau temps autour de Äkäslompolo et ce jusqu’à notre point de chute: Raattama. Nous nous levons comme d’habitude vers 8h mais c’est un ciel menaçant qui nous accueille… Et, au moment de plier bagages les gouttes commencent à arriver. Nous ferons donc les 30 premiers kilomètres sous une bonne pluie tenace. Juste de quoi être trempés jusqu’à l’os et bien énervés 🙂

Cela dit la route est magnifique, le revêtement est bon, les paysages sont splendides avec des forêts de plus en plus épurées.Après quelques changements de directions nous rejoignons une route plus fréquentée. Au loin se dessine un petit groupement de rennes. Ils sont au milieu de la route, immobiles. Ces animaux sont réellement biens intégrés à la circulation… mais il semblerait que la présence des vélos les trouble beaucoup plus.
Nous nous approchons donc à allure modérée. Tous nous regardent fixement… Qu’est ce que c’est que cet engin qui avance vers nous sans faire de bruit ? Soudain l’un d’eux prend peur. Il prend ses jambes à son coup et trace sur la route en nous tournant le dos. Les autres font de même par réflexe et comme nous continuons notre route une sorte de course poursuite sur 500m se fait avec nous à leurs trousses… Amusant 🙂Je pense que nos barbes impressionnent plus que nous le pensons !

Nous donnons encore quelques coups de pédales pour atteindre Raattama. Sur la deuxième partie du parcours le relief redevient accidenté et nous enchainons un peu de dénivelé.On se rend alors rapidement compte que nous n’avons plus le punch des premières semaines. Certes avec autant de kilomètres à notre actif nous avons un gros moteur mais il faudrait 1 semaine de repos pour retrouver de la tonicité. Dans ces cas là on travaille sur la résistance musculaire. Le problème c’est que bien souvent c’est les articulations qui en pâtissent. Justement, en fin de journée Arnaud sera bien content d’atteindre le camping. Quelques douleurs au genou apparaissent. A l’inverse les paysages que nous traversons nous consolent. Au milieu de grands plateaux nous longeons de belles collines. Les arbres ne s’y sont pas installés: sûrement trop de vent.

Arrivés à Raattama nous découvrons un tout petit village. Espérons que nous trouverons de quoi acheter à manger et le camping indiqué sur la carte… Je crois bien que Raattama atteindra le Top 5 des endroits les plus perdus que nous avons croisé. Le seul « supermarché » est la station service. Pour ce qui est du camping on nous explique qu’il est 7km plus au nord. Il nous faudra en effet emprunter une petite route secondaire pour atteindre notre but. Mais quel paysage ! Le soleil est partiellement revenu et éclaire la forêt que nous traversons. Les mots me manquent pour vous le décrire mais le calme qui se dégage de cet endroit est envoutant.

Sur place nous sommes accueillis par un renne qui galope dans le jardin. Nous tombons en fait sur un hôtel qui propose des emplacements pour les tentes. Nous serons donc au mieux: le prix d’un camping et le confort d’un hôtel. C’est certain, le must pour récupérer c’est un bon sauna 🙂

Retrouvez notre route ici.

Dimanche 31 nous souhaitons rejoindre Enontekiö une petite ville du nord de la Laponie finlandaise. C’est une étape courte d’un peu plus de 60 kms qui nous attend. Notre nuit à Raattama a été très confortable bien que fraiche et c’est sous un grand ciel bleu que nous nous réveillons. Formidable! Nous partons du camping et entrons au cœur du parc national nord finlandais. Le paysage est à couper le souffle. Les monts dégarnis surplombent une grande forêt au sous bois éclairé par les rayons du soleil. Régulièrement nous passons au bord d’une petite rivière agitée tandis que les rennes toujours présents continuent à traverser la route. Cette dernière est très roulante ce qui n’est pas plus mal puisque le genou d’Arnaud qui présente quelques signes de faiblesse doit s’économiser. Le trafic est également quasi nul ce qui nous permet vraiment de faire corps avec la nature qui nous entoure.Nous nous imaginons le même paysage sous la neige à une autre époque en traversant régulièrement des passages dédiés aux motos neige. Ce doit être splendide mais un peu froid quand même! Nous continuons notre route tranquillement jusqu’à midi. Nous sommes alors à 15 kms d’Enontekiö et venons de sortir du parc national. Nous déjeunons avec appétit tandis qu’un jeune s’amuse à faire des tours de quad près de nous. Le quad est le véhicule local parfait pour aller dans les sous bois sur le sol sablonneux. C’est la moto neige estivale et la plupart des habitants en possède un. En approchant de la ville les habitations sont d’ailleurs plus nombreuses. On retrouve même de grandes exploitations agricoles qui ont réussies à avoir le dessus sur la forêt. Nous reprenons ensuite la route pour nos 15kms de digestion toujours sous le soleil et entrons dans Enontekiö en début d’après midi. Nous visitons alors l’église que nous trouvons très originale avec un clocher séparé du reste de l’église et une superbe peinture murale agrémentée du christ (accompagné d’un renne xD) en mosaïque.Nous faisons ensuite nos courses et rejoignons le camping où nous ferons farniente, lecture et autres passe-temps de vacanciers professionnels. Presque un jour de pause! La soirée se fait au calme agrémentée de pizzas au micro-onde. Eh oui le four était en panne. Bilan: un peu de fatigue articulaire mais reposés dans la tête et dans les muscles nous sommes prêts à entrer en Norvège le lendemain. Cliquez ici pour voir où nous sommes passés.

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Etapes 44 & 45: Tack Sverige… Un nouveau pays à conquérir!

Jeudi 28 juillet 2011, nous partons d’Övertorneå pour une grande journée sur le plan des kilomètres mais également pour l’avancement de notre parcours.
Cela a commencé par une décision commune de ne pas passer la frontière finlandaise et de rejoindre la ville de Pajala 110km plus au nord afin de passer la nuit au camping et non dans un bivouac. On s’est en effet rendu compte que le bivouac n’était que très peu compatible avec notre mode de voyage. Une question d’hygiène premièrement, une douche après 4h de vélo c’est préférable. Une question de chargement, prévoir la nourriture pour le soir nous rajoute pas mal de poids et une question d’organisation pour trouver l’endroit adéquat. Cela rajoute trop de contraintes et ce n’est surtout pas viable sur le long terme. Fin de la parenthèse, c’est donc décidé: on reste en Suède aujourd’hui et on étale les plaisirs!
Car c’est une frontière importante qui nous attend. Nous franchissons le cercle polaire arctique!!Nous partons donc d’Övertorneå avec la pêche et longeons une rivière qui nous offre un beau panorama malgré le temps couvert et frais du jour. Ambiance polaire garantie!De l’autre côté de la rivière on aperçoit un troupeau de moutons et des cabanes typiquement nordiques.

Un kilomètre avant le cercle nous nous arrêtons pour observer des rennes qui se baladent près de la route! Miam! 🙂

Et enfin, le grand moment, voilà le panneau du cercle où nous faisons photos souvenirs et visite du site touristique.

Nous rencontrons également une famille française en camping-car avec qui nous discutons quelques instants.
Pour eux c’est presque le bout du périple. Ils sont partis il y a deux semaines de la Drôme et sont passés par la Finlande. Comme nous ils ont appréciés mais aimeraient avoir plus de points de vue, voir plus loin que les arbres, les arbres et d’autres arbres. Autour du cercle, c’est désormais possible.
De plus ils nous confirmeront quelque chose que nous soupçonnions. En Suède on a trouvé surtout des touristes locaux et des norvégiens. Peu, très peu de français et étonnement aucun finlandais. Alors qu’en Finlande ils ont rencontré uniquement des finlandais et de temps en temps quelques russes. Tous les pays scandinaves ne sont donc pas orientés de la même façon.

La dernière ligne droite est donc entamée. Nos physiques aussi…
Il nous reste 80 kms pour rejoindre Pajala, le vent bien que pas très fort vient plein nord ce qui est juste suffisant pour avoir l’impression d’être en permanence en côte. C’est qu’on a plus la fraicheur de notre jeunesse 🙂
Les kilomètres défilent tout de même vite et mis à part une zone de travaux c’est une route sans embuche que nous empruntons. Sauf que, 30 kms avant l’arrivée l’axe de roue de remorque de Julien cède. Après un bon quart d’heure de bricolage et l’obtention d’un pins Mac Gyver, nous repartons et réussissons à atteindre la ville qui sera notre dernière en Suède. Nous réussissons à trouver la pièce cassée dans un magasin de bricolage puis nous rejoignons le camping sur le bord d’une rivière; un peu fatigués mais contents d’avoir mis une bonne claque à la carte! Demain la Finlande!!!22h: une lumière chaude atteint notre position.Nuit blanche au dessus du Cercle Polaire.

Pour voir notre route suivez le lien.

Après avoir repoussé notre arrivée en Finlande le jour J était arrivé. Vendredi était une journée avec encore de belles émotions en perspective mais heureusement pas trop de kilomètres (pas de raisons de se presser on est dans les temps).
Le temps est relativement clément; un peu plus chaud que la veille, le vent souffle mais ne sera pas gênant, et de belles éclaircies sont prévues… C’est parti !

– Heu en fait, non… C’est pas du tout parti Julien !
– Qu’est ce qu’il y a Nono ?
– Une crevaison, ça faisait longtemps.

Le temps de changer la chambre de cette fameuse remorque qui crève à répétition et le pneu qui commençait réellement à faiblir, nous entamons notre route.
À nouveau nous ralentissons pour admirer quelques rennes. Il semblerait que cela ne soit pas vraiment exceptionnel dans ce coin. Les voitures ralentissent vite et tout rentre dans l’ordre. Ils n’ont pas peur de l’homme même s’ils s’éloignent lorsque nous nous approchons.

Au kilomètre 25 nous commençons à calmer le rythme. Il est temps de passer la frontière matérialisée par la Torne älv (rivière Torne) qui descend jusqu’à la baltique au niveau de la ville finlandaise de Tornio. Nous prenons alors quelques photos et nous nous dirigeons vers Kolari pour faire nos courses et avoir quelques renseignements sur ce nouveau pays.Nous quittons le sanctuaire des forêts, lacs et marais pour rejoindre celui des marais, forêts et lacs 😉
C’est le moment de repenser à ces 3 longues semaines passées en Suède. Certes nous sommes heureux de changer d’air mais ce pays nous laissera un très bon sentiment et surtout l’envie de revenir pour en voir plus. Les gens y ont été très sympathiques, et entre nature et villes splendides on est désormais sûr que rien ne manque.C’est également le moment des félicitations réciproques entre Arnaud et moi. Nous sommes fiers de nous et avons hâte de voir si, de ce coté de la frontière, d’autres surprises nous attendent.
Kolari est une petite ville à proximité de la frontière. Nous y trouverons seulement quelques boutiques proposant des produits et fabrications régionaux: liqueurs, couteaux, bijoux, objets décoratifs en bois de rennes, confiture…
En parlant de confiture nous découvrirons en Finlande celle faite à base de Tyrnihillo, plus connue chez nous sous le nom de baie d’arbousier. Ici elle est très prisée et ils font des liqueurs avec. Elle est aussi produite en France mais semble être limitée à certains coins des Alpes. Verdict commun à nous 2: pas top ! :/
Bref, nous reprenons notre route vers Äkäslompolo dans la foulée et nous constatons rapidement que la frontière a aussi une signification géographique. Les sapins sont plus frêles et espacés les uns les autres. Le sous-bois est sablonneux et on y trouve peu de petite végétation. Les cours d’eau sont de taille plus réduite mais nous en croisons plus souvent.

Au fur et à mesure le relief devient plus accidenté. Nous évoluons sur une petite route, longeons une rivière et sommes bornés par des massifs de taille réduite. Cette petite vallée nous mène jusqu’à Äkäslompolo.La ville est installée sur un plateau à 350m d’altitude entouré de collines posées ici et là. Une d’elle est même équipée de remontées mécaniques. Ylläs est la deuxième plus grande station de ski de Finlande après Levi. Et il faut avouer qu’il commence à y avoir un peu de dénivelé vu qu’elle atteint 718m!

Sans neige et surtout sous un ciel qui s’est enfin dégagé nous opterons plutôt pour une petite mousse en terrasse puis un assemblage de pâtes et de saumon. Prêts à récupérer 🙂

Cliquez ici pour voir où nous sommes passés.

Aujourd’hui nous avons quitté Raattama en milieu de matinée pour rejoindre Enontekiö. Demain nous passerons en Norvège… Notre objectif ultime approche 😉

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